jeudi 11 novembre 2010

Karl Lagerfeld se livre

À l'occasion des 10 ans de l'International Herald Tribune Luxury Conference de Londres, l'intrépide Suzy Menkes a eu la possibilité d'interviewer l'incontournable DA de Chanel, Karl Lagerfeld. Morceaux choisis...
Karl Lagerfeld & Suzy Menkes
Le personnage a beau parfois agacer, il n'en demeure pas moins l'un des principaux piliers de la mode française : sans lui, la fashion sphère perdrait ainsi une grande partie de sa saveur. Dès lors, quand Karl Lagerfeld se retrouve confronté aux questions d'une journaliste de mode réputée pour ne pas flatter systématiquement l'ego de ses interlocuteurs, on ne peut que prêter l'oreille...
À la question "Qui est le vrai Karl Lagerfeld ?", l'intéressé déclare se voir avant tout comme un "cocktail" et avoue ne pas se prendre réellement au sérieux. Cela dit, cela ne l'empêche pas de se considérer - via son parcours chez Chanel - comme le véritable instigateur du concept de duo fusionnel entre grandes maisons et créateur, à l'instar des couples Gucci/Tom Ford et Lanvin/Elbaz.
Et si chez Chanel il se laisse parfois utiliser, ce n'est que dans la mesure où il le veut bien. Au 31 rue Cambon, il est toujours le seul maître à bord...
Karl Lagerfeld
En outre, s'il fut le témoin de bien des évolutions de notre société, le septuagénaire avoue cependant ne jamais regarder vers le passé. Il ne garde d'ailleurs jamais d'archives et cultive l'idée que si l'on traite avec trop de respect l'héritage d'une maison, celle-ci sera vouée à disparaître : à ses yeux, sa survie passe forcément par la déconstruction de ses codes, qui seront ensuite redéfinis à la lumière du présent. L'homme avoue par ailleurs ne penser ni à sa succession, ni à sa future collection...
Enfin, toujours prompt à lancer quelques flèches empoisonnées, Lagerfeld déclare au sujet de l'affaire opposant Hermès et LVMH que les dirigeants de la maison française auraient dû - tout comme Chanel - se garder de s'introduire en bourse. Quant à la pléiade de films sur Coco Chanel, il n'en a aimé aucun...

mardi 9 novembre 2010

Burberry sans Robert Pattinson

S'il n'est pas le premier à refuser un contrat publicitaire, Robert Pattinson est probablement le seul acteur à avoir osé décliner une telle offre de la part de Burberry. La star de Twilight ne désire en effet pas jouer les mannequins, et ce afin de privilégier sa carrière de comédien. Une position rafraîchissante dans un milieu où les stars ne se gênent pas pour multiplier les contrats mirobolants avec telle ou telle griffe de luxe...
Robert Pattinson
 
Après l'épisode Emma Watson, Burberry, apparemment friand de jeunes premiers britanniques, décida de jeter son dévolu sur Robert Pattinson. Oui mais voilà, en dépit du cachet vraisemblablement très élevé - on parle de plus d'un million de dollars - que l'on lui proposait, le jeune homme a préféré botter en touche...
À l'heure où l'industrie de la mode et de la beauté tente par tous les moyens de s'approprier le moindre acteur ou chanteur générant un minimum de buzz, ce choix s'avère aussi courageux que cohérent. En effet, à force de voir les artistes se transformer en porte-drapeaux de Dolce & Gabbana ou de Chanel, on finit parfois par les réduire à leur rôle d'égérie...
Pourtant, aveuglées par la somme conséquente qu'on leur propose, les stars ont souvent tendance à sous-estimer l'impact négatif qu'une surexposition dans les magazines et autres supports publicitaires peut avoir sur leur public.
Robert Pattinson
 
Ainsi, à force de voir Marion Cotillard hanter les pubs Dior (voir ici et là), certains ont fini par atteindre l'overdose, au point de s'avérer peu disposés à aller voir ses derniers films. Comme si le désir de la retrouver au cinéma avait été amoindri par son omniprésence sur papier glacé.
Il est vrai que lorsqu'il suffit de lever les yeux vers un panneau publicitaire pour pouvoir admirer son acteur fétiche, la magie de le voir apparaître à l'écran s'en voit forcément quelque peu éventée, et cela Robert Pattinson l'a bien compris. Espérons que son cas fera école parmi les jeunes recrues d'Hollywood...

lundi 8 novembre 2010

La Balmainmania, toujours d'actualité ?

Les collections de Christophe Decarnin ont beau manquer cruellement d'inventivité, les similitudes avec l'univers d'Isabel Marant se faire toujours plus ambiguës et l'autorité de cette griffe sur la fashion sphère perdre peu à peu en légitimité, les Condé Nast & co n'en continuent pas moins de craquer massivement pour les pièces signées Balmain...
Robe Balmain
Si pour une fois, le dernier numéro de Vogue Paris ne fait pas outrageusement la part belle aux produits Balmain, cela ne veut pas dire pour autant que la maison française ait perdu en visibilité. Amorcée il y a de cela quelques saisons, la balmainmania n'en finit en effet pas de se répercuter en ondes de choc. Depuis le mois d'août, pas moins de 6 magazines - Vogue Allemagne, Vogue Inde, Vogue Espagne, Zeit Magazine, le magazine 10 et Harper's Bazaar UK - ont ainsi mis en couverture la petite robe ultra glitter portée par Anja Rubik lors du défilé automne/hiver de la griffe.
Décidément, la presse internationale semble avoir bien du mal à accepter le fait que la roue puisse tourner en matière d'hégémonie fashion. Pourtant, si Christophe Decarnin n'effectue pas un véritable travail de reconstruction stylistique, son succès finira indubitablement par appartenir au passé...
Plébiscitant ouvertement une maison n'ayant pas fait d'étincelles lors de ses récentes collections, ce "mouvement de masse" des rédactrices en chef montre à quel point les intérêts économiques peuvent parfois prendre le pas sur tout jugement critique. Il est vrai qu'il est sans doute bien plus rentable pour les différentes éditions de Vogue ou du Harper's Bazaar de flatter Balmain - un de leurs principaux annonceurs - plutôt que de présenter en couverture une pièce d'un jeune créateur, certes bien plus novatrice et dans l'air du temps, mais à l'impact financier quasi nul pour le magazine...
Robe Balmain
Une fois de plus, on constate que l'image d'une maison reste prépondérante sur sa production réelle. En dépit des nombreux doutes qu'il est légitime de nourrir envers la pertinence du travail de Decarnin, la clientèle internationale continue ainsi de voir en Balmain une maison française indissociable de son parcours shopping, confortée en cela par une presse s'empressant de fermer les yeux sur le manque d'intérêt de présentations tenant plus du prêt-à-porter moyenne gamme que du luxe audacieux...

jeudi 4 novembre 2010

Lanvin for H&M, la wish list

Alors que le vestiaire complet de l'événement masstige de cette fin d'année vient tout juste d'être dévoilé, la collaboration entre le chouchou de ces dames - Alber Elbaz - et le temple du vêtement trendy low cost pourrait bien finalement s'avérer désirable...
Lanvin for H&M
Que ce soit pour aller tester en direct la véritable nature des robes imaginées par Elbaz ou pour faire le plein de petites pièces et accessoires sentant bon la friandise fashion, les modeuses devraient être fort nombreuses à aller faire la queue le 23 novembre prochain devant les boutiques du suédois H&M.
Il faut dire que pour beaucoup, les tee-shirts imprimés imprégnés d'une bonne dose de fantaisie made by Elbaz vaudront bien quelques heures d'attente, et ce même si - à première vue - les modèles servant de cimaise aux croquis girly du créateur auraient pu être de meilleure facture. Ils seront en effet toujours les bienvenus lorsqu'il s'agira de dédramatiser une jupe crayon ou de funkiser le duo skinny/talons 14 cm...
Lanvin for H&M
Et si on laissera aux plus jeunes les bijoux toc-chics de la collection, les escarpins à larges noeuds plats mériteront pour leur part d'être examinés de près, afin de juger de leur capacité à "lanviniser" dignement notre garde-robe. Jurant légèrement avec la sophistication du reste du soulier, leurs talons argentés nous plongent en effet dans la perplexité...
Par ailleurs, il semble que l’on puisse également prévoir dès à présent un détour du côté du vestiaire homme, où l’on piochera sans hésiter un noeud pap’ imprimé léopard, qui pourra alors se porter soit en head band, soit en broche.
Moins évidentes, les autres pièces de la collection devront quant à elles être jugées sur pièces...

La couronne de tresses

Après le règne de la tresse de côté (hissée au sommet du hair code de l'été dernier grâce au défilé Alexander Wang), c'est désormais au tour de la couronne de tresses de prendre le pouvoir, conférant ainsi aux modeuses un irrésistible petit air slave...
La couronne de tresses
Déjà plébiscitée en 2009 par Sienna Miller et Peaches Geldof, la tresse nouée en couronne s'est récemment distinguée sur les podiums des fashion weeks. Lors des derniers défilés, deux types de couronnes capillaires ont ainsi vu le jour : soignée et lissée chez Emmanuel Ungaro, ladite tresse voit son caractère sérieux dévergondé par le biais d'accessoires funky, tandis qu'elle adopte chez Erdem une allure nonchalante, qu'il sera facile de reproduire en prenant soin de confectionner sa coiffure de princesse nordique juste avant d'aller se coucher.

Cela dit, on pourra également choisir une option se situant à mi-chemin entre ces 2 propositions, constituant à ne pas tirer exagérément les cheveux et à effectuer le tressage sur une chevelure ultra propre, ce qui nous permettra d'obtenir un résultat à la fois sophistiqué et naturel.

Par ailleurs, si ce nouveau type de coiffure fera bel et bien partie des prochaines tendances estivales, il serait dommage d'attendre l'été prochain pour commencer à s'y adonner, quelques modeuses s'y étant déjà essayées avec brio...
La couronne de tresses
En outre, à l'heure où la coiffure de dame se voit prônée tous azimuts, le tressage peut être un bon moyen d'éviter de passer deux heures devant sa psyché brosse ronde et séchoir à la main en quête d'un brushing de star. En effet, contrairement à la technique du brushing (peu aisée à maîtriser), une fois le coup pris, rien n'est plus facile que de se la jouer belle nymphette antique...

Reste à savoir quel dress code adopter pour sublimer ces diadèmes naturels. Car si l'été prochain, n'importe quelle toilette blanche et évanescente fera l'affaire, les frimas actuels nous poussent à un peu plus de réflexion vestimentaire.

On pensera donc à arborer ce genre de coiffures avec une dégaine casual chic, le tressage faisant alors écho aux détails sophistiqués de la tenue. La couronne de tresse se mariera ainsi fort bien avec une pointe de léopard, une parcelle de cuir ciré (ou de brocard élimé), un zeste de fourrure ou encore une bribe d'imprimé folk'...

lundi 1 novembre 2010

Kate Moss for Topshop, dernière collection

Comme prévu, c'est bel et bien en novembre que Kate Moss signera sa dernière collection pour le géant Topshop. Entre pièces phares de son dressing topshopien, panoplies boho et twist disco, l'opus final clôturant la collaboration de la brindille avec l'enseigne de Sir Philip Green pourrait bien s'avérer être un bon cru...
Kate Moss for Topshop, dernière collection
Si l'intérêt de la fashion sphère pour le duo Moss/Topshop s'était quelque peu estompé ces dernières années, l'annonce de la fin du tandem risque fort de raviver la flamme entre la top et les modeuses. Rien de tel en effet pour booster une collection que d'annoncer son non-renouvellement, la moindre pièce cool ou sexy se retrouvant instantanément propulsée au rang de must have collector...

Cela dit, outre cette petite touche so Kate Moss qui rendra certainement hystériques les groupies de la femme de Jamie Hince, l'opus final Kate Moss for Topshop semble posséder de toute façon suffisamment de casualness et de fraîcheur pour plaire instantanément aux clientes, entre micro robes, pantalons en cuir, maille hippie, boléros en plume glamour et capes bohèmes. Autrement dit, cette collection ne devrait pas rester très longtemps sur les portants de la griffe anglaise...
Kate Moss for Topshop, dernière collection
Par ailleurs, outre la vidéo teasing (où l'on pu voir Kate Moss s'amuser à habiller les brit' girls en vogue de ses toutes dernières créations), la belle a semble-t-il choisi d'assurer le service jusqu'au bout, prenant ainsi le contrepied des rumeurs la disant en froid avec la famille Green. Le 1er novembre prochain, elle sera en effet au 216 Oxford Street afin de promouvoir le lancement de son ultime collection...

jeudi 28 octobre 2010

Le mini sac

Lorsqu'une tendance évolue, elle s'encombre rarement de demi-mesure. Ainsi, après l'ère du maxi cabas et du sac oversize, il est désormais conseillé de laisser au placard ses fourre-tout gigantesques et d'arborer à la place un contenant au volume dérisoire...
Le mini sac
Sans s'en rendre compte, la fashionista vient de traverser une période qu'elle jugera rétrospectivement bénie des dieux...

En effet, s'il y a encore une saison elle jugeait tout à fait normal de pouvoir glisser simultanément dans son sac à main la trilogie Apple (iPod, iPad, iPhone), un carnet Moleskine, une bouteille de Coca Cola Light Lagerfeld et un kit de survie make up, elle pourrait bien être rapidement contrainte à revoir sérieusement ses exigences à la baisse. Car si l'on put croire un temps au retour du sac à dos, les récentes présentations printemps/été ont définitivement infirmé cette hypothèse en prônant son total contraire...

Karl Lagerfeld a-t-il été visionnaire en proposant en 2007 un mini sac de cheville plus décoratif que fonctionnel ? C'est en tout cas ce qui nous vient à l'esprit à la vue des derniers défilés, qui voient se réduire comme une peau de chagrin le volume des futurs it bags.

Si l'on en croit les propositions des maisons Hermès, Chanel, Prada ou encore Louis Vuitton (connues pour édicter les tendances en matière de maroquinerie), la femme de 2011 sera en effet soit un clone de Mary Poppins (capable de réduire les objets afin de les faire tenir dans un micro espace), soit une androïde multifonction n'ayant plus guère besoin de ses anciens gadgets...
Le mini sac
Autrement dit, on a bien du mal à imaginer comment le micro Birkin d'Hermès ou encore la besace lilliputienne de chez Louis Vuitton pourraient descendre des podiums et épouser la réalité des femmes, tant leur format semble inadapté au quotidien de ces dernières...

Pourtant, cet engouement pour une maroquinerie microbienne semble s'être récemment emparé de la rue. Comme piquées par l'idée de liberté émanant de ces néo bags, les modeuses sont ainsi déjà plusieurs à avoir adopté, lors des dernières fashion weeks, ces tout petits sacs à peine capables de contenir une poignée de Chupa Chups (voir ici et là).

Or, à bien y réfléchir, elles pourraient bien ne pas avoir totalement perdu l'esprit. En effet, si pour adhérer à la religion du mini sac il nous faudra au préalable réussir à distinguer l'essentiel du superflu et renoncer à quelques addictions encombrantes (paquet de Pépitos en prévision du creux de 11h, cartouche de cigarettes détaxée, pavé signé Barbara Cartland, etc...), le sacrifice de ces quelques kilos superflus devrait au final nous faire sentir bien plus libre qu'auparavant...

Cela dit, on n'hésitera pas à boycotter les modèles dont le volume trop mini ne nous permettrait pas d'emporter l'indispensable trio iPhone/Freedent/Terracotta...